La question du Changement

 

La question du Changement a été au cœur de la journée d’hier.
Au delà de la galéjade et des éléments de discours de l’UMP, personne ne doute du succès de ce 9 octobre. Par la participation, par l’énergie donnée ainsi, à plusieurs mois de l’élection présidentielle, à la gauche.  C’est important, le nombre est en lui même un enjeu pour la confiance qu’il (re)donne à ceux qui le font.  Les encouragements, le propos chaleureux, tenus par les votants  à l’intention des militants dans les bureaux de vote primaires, notamment dans les villes de droite, en témoignent.
Hier voter c’était choisir un ou une candidate, c’était aussi marquer son opposition à la droite. Un acte militant large, l’occasion de rencontrer le peuple de gauche de sa ville, et pour les militants socialistes qui tenaient avec grand sérieux leurs bureaux de vote, d’être fier de participer à la vie d’une grande formation politique nationale, capable d’organiser ce moment démocratique, de rompre avec les «salissures» laissées par quelques-uns sur la transparence et les pratiques au sein du PS. Le PS a changé, il a pu le montrer, le démontrer…

 Le Changement il devrait être, encore une fois, dans les réflexes pavloviens des inconditionnels de l’analyse politique par le sondage. Depuis quelques années pourtant, ils prennent régulièrement le seau d’eau froide sur la tête, mais leur «éducation» a sans doute été tellement bien faite qu’ils ne peuvent s’en défaire.

Je vous renvoie en ligne à «l’excellent» Ifop pour le JJD du 30 septembre 2011 sur le thème «Les sympathisants de gauche et la primaire organisée par le Parti socialiste», on y lit avec un petit sourire rétrospectif qu’Arnaud Montebourg était crédité de 8 points d’intention de vote et que favori des sondages creusait l’écart. «Cette tendance s’avère encore plus nette auprès des personnes se déclarant certaines d’aller voter le 9 octobre : le député de Corrèze obtenant 46% contre 26% pour Martine Aubry. Relevons par ailleurs qu’auprès des sympathisants socialistes, François Hollande dépasse les 50% de souhait. (51%, +4 points) face à Martine Aubry (26%, -5 points) et aux autres prétendants.»… Une erreur du simple au double pour Arnaud Montebourg et sur l’écart entre Martine Aubry et François Hollande… Rien que ça !

J’aime bien dans ce blog pointer parfois les grosses «ratées» de la machine sondagière. On me répondra «oh une erreur ça arrive», «c’est l’épaisseur du trait du crayon…», Je noterai juste qu’elles vont toujours dans le même sens ces «erreurs», comme s’il s’agissait, toujours de décourager les mêmes.

Venons en au plus important, le changement politique qui s’est exprimé hier. Ce n’est pas un sondage, c’est un vote, c’est un moment où les hommes et les femmes de gauche ont pu librement dire quelle voie ils souhaitent que la gauche prenne pour reconquérir le pouvoir en 2012 et pour changer leur vie.

Il doit forcément s’agir d’une voie nouvelle, moderne. Elle commence dans les têtes et elle s’est affirmée dimanche 9 octobre : les français veulent une gauche qui leur propose de résister au dogme mortel du libre-échange sans frein qui nous a plongé dans la crise. Le camp de la modernité, il est là, sorti des poncifs de la sociale démocratie mole, de l’austérité tout de suite et de la redistribution plus tard. Pour une bonne et simple raison : la preuve par l’exemple, ça ne marche pas.

Les modernes, aujourd’hui sont ceux qui regardent plus loin que les sondages et la politique par l’opinion et qui proposent des solutions en France et dans une union renforcée autour des pays qui ont décidé de changer le cours de l’Europe. La France n’est pas un pays comme les autres en Europe, elle y occupe une place historique et une responsabilité politique lourdent. C’est à la future présidente de la France de s’engager avec détermination dans la constitution d’un noyau dur pour sortir de la prison dans laquelle elle s’est enfermée : austérité généralisée plutôt que croissance partagée, concurrence plutôt que convergence, libre-échange plutôt que juste-échange.
Ces sujets font débat à gauche, ils ont fait et feront encore aussi débat entre les candidats à la primaire. Les priorités ne sont pas les mêmes, sur le retour assumé de l’intervention publique, la taxation des mouvements financiers, la hausse des salaires qui ne sont pas l’ennemi de l’emploi, la nécessaire transition énergétique…sur la rigueur budgétaire, les restrictions au libre échange, la lutte contre les délocalisations et les licenciements boursiers.

La droite française a démontré cette dernière décennie qu’à chaque élection elle jouait «sa peau», celle de son camp au mépris de l’intérêt du pays. Pour la battre il faudra, de la détermination et un cap politique qui fédère la gauche. Martine Aubry est la candidate de gauche la mieux placée pour changer la France. Au-delà de ses qualités de dirigeante et de ses aptitudes de femme d’État, c’est pour de sa détermination à engager le pays vers un nouveau modèle de développement que dimanche 16 octobre je vote Martine Aubry.

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